RESUME
Le contexte scientifique
Les récentes vagues de libéralisation du commerce des services à travers le monde ont engendré l’émergence d’une recherche qui ne cesse de croître. Notre analyse s’est focalisé sur quatre thèmes principaux, dont (i) la définition et représentation de l’activité de service (ii) la part cachée des services dans l’exportation de biens, (iii) la mesure des barrières au commerce de services, (iv) le lien entre libéralisation du commerce des biens et ouverture du marché de services.
Contributions
i) La première contribution de cette thèse est de produire un examen de la littérature sur l’activité de service afin d’en éclaircir les questions de définition, de typologie et de mesure. En outre, nous exposons une nouvelle approche de l’activité de service qui est en conformité avec le travail de Hill et tente d’englober la désagrégation du GATS, en d’autres mots elle pourrait contribuer à surpasser les limitations conceptuelles et étendre le terrain pour un futur travail empirique.
ii) Après avoir traité les questions de mesure d’activité de service notre travail se focalise sur la mesure des barrières à leur commerce. En raison d’une perception ancienne et erronée selon laquelle les services ne peuvent être commercialisés, les outils nécessaires à la mesure de leurs barrières (ainsi qu’à la mesure des effets de la suppression de ces dernières) ont mis du temps à paraître et aucun consensus n’a encore été trouvé sur le choix d’une mesure spécifique « optimale ». Nous soulignons que chaque méthode a des avantages et des inconvénients ; celle qui sera utilisée pour estimer les entraves au commerce des services sera basée sur des équations gravitaires appliquées aux flux commerciaux de services tandis que des mesures de fréquence seront aussi utilisées dans un chapitre suivant.
iii) L’adoption d’un cadre réglementaire proche à celui de l’U.E peut amplement contribuer à la croissance des exportations des partenaires méditerranéens. Nous illustrons cela en appliquant au secteur de transport un modèle d’équilibre général simplifié qui incorpore une mesure de fréquence qui indique la réglementation du marché (chapitre 3). Les résultats de notre analyse empirique suggèrent que la suppression des tarifs sur les biens accompagnée par une adoption du cadre réglementaire de transport de l’E.U apporterait un maximum de gains de bien-être tandis qu’une simple réduction tarifaire sans harmonisation réglementaire serait une alternative moins prolifique. Nous incluons également des mesures gravitaires de l’ouverture commerciale du marché de transport, de façon à exposer et comparer les gains de bien-être acquis avec chaque approche.
iv) Le théorème de Heckscher-Ohlin indique que la condition nécessaire au commerce entre deux pays est qu’ils doivent différer dans la disponibilité des facteurs de production. Cependant, Trefler (1993) observe qu’une partie du commerce des services est absente par rapport à ce que les modèles HOV prédisent. Dans un effort de récupération de la part invisible du commerce des services (chapitre 4) nous employons des matrices de comptabilité sociale (SAM) et construisons un indice qui capture les services intégrés dans le commerce des biens pour illustrer comment des services traditionnellement considérés comme non-commercialisables définissent l’avantage comparatif une fois incarnés dans le produit d’autres activités. En raison d’une limitation de données pour les pays MENA ce chapitre s’adresse au Japon, à la Thaïlande et à la Slovaquie.
v) Enfin, nous intégrons l’analyse input-output d’une matrice de comptabilité sociale représentative dans un modèle d’équilibre partiel GSIM des économies MENA. Nous démontrons comment les agents économiques en MENA gagnent quand leurs pays intègrent un accord régional de libre-échange pour les biens et services, d’autant plus quand l’accord est étendu afin d’inclure l’E.U. Cependant, une totale suppression tarifaire risque d’être insoutenable pour le Maroc et la Tunisie, les revenus issus des différentes taxes à l’importation se verraient considérablement diminués éliminant les gains issus de la libéralisation. Quant aux services, le déclin des revenus issus de la réglementation serraient plus que compensés par des excédents de revenu des consommateurs et producteurs. La libéralisation de services augmentera les exportations de services des pays MENA, cependant, la libéralisation des biens intensifs en travail augmentera davantage le commerce de services indirectement exportés. |